AGIR revient sur la scène politique

Cet article sera en deux parties :

1. la refondation du parti : cette partie concerne l’actualité de la renaissance du parti AGIR pour les élections 2018 : d’où vient cette re-création, qui est derrière, y a-t-il un lien avec d’autres partis d’extrême droite ?

2. les origines du parti : partie historique consacrée aux origines du parti, de ses racines à sa fondation et son éclatement dans les années 90.

Refondation du parti AGIR

Début 2017, le blog Résistance.be annonçait la réactivation du parti d’extrême droite AGIR par Salvatore Nicotra et Gennaro Luise.

Bien que disparu depuis de nombreuses années (et depuis passablement oublié), les antifascistes liégeois des années 80/90 ne s’en souviennent que trop bien puisque le parti AGIR était actif essentiellement en région liégeoise dans ces années là. Aujourd’hui AGIR annonce des dépôts de listes à Fleurus, Châtelet, Jumet, La Louvière, Charleroi, mais également à Liège et Seraing (des stickers d’AGIR ont d’ailleurs été vus du côté de Sclessin) et est encore en recherche de signatures et de candidats pour déposer des listes dans d’autres communes pour les élections communales d’octobre.

Que s’est-il donc passé pour que ce parti revienne ainsi dans le paysage des extrêmes droites wallonnes ?

En novembre 2015, alors encore en pleine saga judiciaire dans son combat avec Marine Le Pen qui voulait empêcher l’utilisation du nom, des initiales et de l’emblème de son parti, le Front National belge fêtait ses 30 ans d’existence dans une salle à Fleurus, fief du noyau dirigeant du FN « canal historique » (1). Daniel Féret (2) lui-même était présent en tant que Président d’honneur.
Salvatore Nicotra, alors Président du FN belge (en vérité Président empêché suite aux plaintes de Marine Le Pen contre lui), annonce à cette occasion la grande résurrection du parti pour les élections de 2018 et 2019.


Octobre 2016, la Cour d’appel de Liège mettait un terme définitif à la lutte judiciaire en donnant raison à Marine Le Pen : le FN belge est bel et bien mort, toute résurrection impossible !
Il ne restait plus à ce « canal historique » qu’à trouver une nouvelle voie pour assouvir son ambition de revenir sur la scène politique (3).
Le 1er novembre 2016, l’info est lancée sur les réseaux sociaux : le FN belge devient AGIR.

Lors de la fin d’AGIR, dont les derniers sursauts dureront plusieurs années milieu des années 90, deux des trois branches rivales finirent par s’allier avec le Front National qui offrit des places de choix à ses membres sur les listes électorales en 1999 (le premier à les rejoindre eut carrément droit à la direction de la section frontiste liégeoise ainsi qu’à une place dans le bureau politique nationa. Il se retrouvera même à conduire les listes pour le Parlement wallon (et manqua de peu d’être élu en tant que député) et pour la Chambre, l’autre quant à lui poussait la liste pour l’assemblée wallonne et se retrouvait premier suppléant) (4).

C’était un sacré pari que cette alliance, puisque AGIR et le FN avait un passé tumultueux : quelques années plus tôt les dirigeants d’AGIR accusaient encore Daniel Féret d’être au service de la Sûreté de l’État afin de déstabiliser l’extrême droite francophone. Dans l’autre sens, Daniel Féret traitait les leaders d’AGIR de « nationaux-blochéviques pro-serbes » !
Il est à ce titre « amusant » de voir que ce sont des anciens du Front National de Féret qui réactivent AGIR. Il fait croire que les déboires entre les partis et leur cohérence ne fait pas le poids par rapport aux voix qu’ils espèrent attirer par le nom du parti.

Parallèlement à AGIR, deux autres noms ont refait leur apparition : « Jeune Europe » et « FNUB – FN – NF » (Front National pour l’union belge – Front National – Nationaal Front).
Pour AGIR et Jeune Europe, des asbl ont été constituées en février 2017 afin d’assurer la gestion des partis des mêmes noms. À leurs têtes, respectivement Salvatore Nicotra et Jean Borbouse.

Ce dernier, Jean Barbouse, est également une vieille figure de l’extrême droite et plus particulièrement du FN dont il fut un des derniers dirigeants mais aussi une « célébrité bien identifiée » : il fut élu conseillé communal à Charleroi, député régional wallon, imprimeur et co-fondateur du comité belge de soutien à Jean-Marie Lepen. Ces dernières années, cherchant sans doute à sortir ses billes des déboires du FN, il semble aller et venir : un des derniers dirigeants du FN belge, il s’est retrouvé dans les coulisses de « La Droite » d’Aldo-Michel Mungo fin 2015, tout en étant toujours dans ce qu’il restait du FN belge (il a d’ailleurs fait un discours pour les 30 ans du FN) et la dernière fois que nous en avions entendu parler, en novembre 2017, il rejoignait Nation dans le cadre de la mise en place de la Coordination patriotique dont l’objectif était d’éviter une dispersion des voies et de rassembler autour de Nation différents groupuscules d’extrême droite sur une même liste électorale.

Coordination qui semble prendre l’eau puisque Nation lui-même en avoue l’échec à demi-mot dans une de ses dernier communiqués.

Dernièrement, le Parti des Pensionnés, qui avait auparavant rejoint la Coordination patriotique, appelle à la constitution d’une liste commune autour du « parti des pensionnés », « Wallonie d’Abord » et « Parti Wallon » sous le nom d’AGIR. Il annonce la création de listes à Liège, Fléron, Seraing, Dison, Pépinster et d’autres communes, également pour les élections provinciales. Il fait la chasse aux signatures pour présenter le maximum de listes.

Il faut dire qu’Edward (Joseph) Franz, leader du Parti des Pensionnés est lui-même un ancien d’AGIR et du FN des années 90 !


Avec la relance du label AGIR, c’est l’héritage d’une extrême-droite ouvertement nazie et liée aux violences terroristes d’extrême-droite des années 80/90 qui est volontairement remise en avant.

(1) Fait cocasse, le service d’ordre annonçait être là pour éviter la « pénétration d’éléments nuisibles, comme les naze-broques du groupuscule néonazi Nation ».

(2) Daniel Féret est tombé dans la soupe néofasciste dès l’époque de ses études en médecine, puisqu’il s’engage et milite alors dans plusieurs mouvement d’extrême droite comme Restauration nationale (proche de l’OAS), puis le mouvement néofasciste Jeune Europe (fondé par Jean Thiriart, idéologue du nationalisme révolutionaire). Avec ce bagage, il passera même au PLP (Parti de la Liberté et du Progrès, ancêtre du PRL, actuel MR) pour lequel il sera candidat aux législatives !
Après plusieurs passages et participations à la création de différents groupuscules d’extrême droite, il fonde en 1985 le Front National belge, dont il se proclame rien moins que « Président à vie » ! Il fut député européen en 1994 pour le FN.
Les dissensions, trahisons, ruptures, déchirements internes du FN finiront par l’en écarter. Un groupe sera toujours fidèle à ce qui reste appelé « le FN du docteur Féret ».
Médecin, il ne l’est pourtant plus depuis 1995, année où il a été suspendu de l’Ordre des médecins pour manquement aux règles de déontologie, d’honneur, de discrétion et de probité. Il avait déjà été poursuivi et parfois condamné depuis 1986 pour refus de délivrer des attestations de soins, usage de faux certificat servant d’alibi pour braquage avec prise d’otages, pratique de la médecine classique alors qu’il prétendait exercer dans une branche non soumise à l’INAMI,…
Ces exemples peuvent être étendus à ses autres activités puisqu’il fut également condamné pour fausses signatures de parrainage des listes FN, infraction à la loi contre le racisme, malversations financières dans la gestion du parti (faux et usage de faux, faux dans la comptabilité, infraction au code des sociétés, abus de confiance, abus de biens sociaux, infraction au code des impôts, organisation d’insolvabilité et infraction à la loi relative aux faillite).

(3) Scène politique que les élus des élections de 2012 sous le nom FN n’avaient pas quittée, bien qu’ils devaient exercer leurs mandats sous d’autres appellations : (ceux de Fleurus et de Châtelet ayant par exemple choisi LEPEN pour « Ligue européenne, patriotique, égalitaire et nationaliste », montrant ainsi à quel point la guerre d’égo était plus importante que le sérieux politique).

(4) Pour la petite histoire, le troisième tentant une aventure solitaire (tout en ayant le Vlaams Block comme protecteur), s’était lancé dans le néorexisme avec la création, en 1995, d’un nouveau parti, REF. Des initiales voulant rappeller de toutes évidence celles de REX. Ses résultats furent catastrophiques : 0,1 %. Après les élections de 1999, les deux branches parties avec le FN dressent un bilan désastreux de leur alliance et des réunions secrètes eurent lieu entre les trois parties d’AGIR qui s’étaient déchirées pour éventuellement remettre sur pied AGIR.

 

*Sources :*
http://www.resistances.be/r0201.html#001
https://resistances-infos.blogspot.com/2016/02/la-droite-vraiment-sans-le-fn-belge.html
https://resistances-infos.blogspot.com/2015/11/le-front-national-belge-nest-pas-mort.html

Les origines du parti AGIR

L’histoire du parti AGIR plongeant ses racines dans l’extrême-droite collaborationniste, nazie et rexiste, il faut revenir à la fin des années 60 pour en comprendre la création.
Racines qui plongent notamment dans le terrorisme d’extrême-droite qui culmina en Belgique par l’assassinat de Julien Lahaut et les attaques commises par les tueurs du brabant.

Présenter AGIR, c’est donc parcourir une partie des méandres historiques des extrême-droites belges dont certains groupes comme « Nation », « Nouvelle Wallonie d’Abord » et autres dissidences frontistes sont les héritiers.

Nouvel Europe Magazine :

En 1969, le journal d’extrême-droite Nouvel Europe Magazine (NEM) est le référent des extrêmes-droites de Belgique. Son rédacteur en chef, Émile Lecerf, est un ancien collaborateur du Cahier de la roue solaire, revue éditée par l’Ahnenerbe (1), un institut de recherche pluridisciplinaire nazi crée par Himmler en personne. Le NEM est un soutient actif des autres extrêmes-droites nazies et chrétiennes d’Europe mais aussi de toutes les dictatures de droite des années 70. Il eut également une certaine influence sur la politique belge dans les années 70, en particulier sur l’aile réactionnaire du Parti Social Chrétien (ancêtre du CDH), bien qu’il apporta également son soutien à des personnalités très à droite de la politique belge comme Jean Nols du FDF (ancêtre de DEFI) ou encore le général Édouard Close du PRL (ancêtre du MR).

Le NEM va entamer tout le long des années 70 et 80 une activité propagandiste importante par le biais de colloques et de conférences autour de l’anticommunisme et de la nécessité d’un État chrétien. Ces activités participent à la fondation de clubs dans lesquels se discutent les positions du NEM qui se place dans la continuité du rexisme et du nazisme. Un de ses NEM-Club, à l’initiative d’étudiants de l’ULG, deviendra en 1974 le Front de la Jeunesse (FJ), l’ancêtre du parti AGIR.

Émile Lecerf

Émile Lecerf (2) deviendra l’idéologue du Front de la Jeunesse, comme l’exprime Daniel Gilson, le n°2 du FJ : « (il) en fut le véritable père politique (…) Il assura ainsi notre « éducation politique » (3).

Lors de l’occupation allemande, alors que la presse (4) est réquisitionnée par les nazis et utilisée à des fins de propagande, Émile Lecerf est journaliste collaborationniste écrivant au journal Le Soir volé par les nazis. Peu avant la libération, il participe comme propagandiste auprès de la revue de l’Ahnenerbe. Très peu inquiété lors de l’épuration des collaborationnistes après la guerre, il cesse ses activités jusqu’à la crise congolaise (5). Durant ces années 60, il participe à la revue Jeune Europe, la plus grosse revue d’extrême-droite d’après-guerre, qui fut le précurseur du Nationalisme-révolutionnaire. Outre la revue, c’était également un mouvement européen n’hésitant pas à jouer du poing à l’encontre de ses opposants et qui fut par exemple lié à des groupes tel que l’OAS (6).
Il créera une dissidence de Jeune Europe, optant pour un ton encore plus radical : Révolution Européenne… Face à l’échec de ce groupe, il rejoint le NEM pour ensuite participer à la création du Front de la Jeunesse.

Le Front de la Jeunesse (FJ) et le Parti des Forces Nouvelles (PFN) : les ancêtres directs d’AGIR.

Le Front de la Jeunesse, issu de la création d’un NEM-CLUB, se fit connaître pour de nombreuses actions violentes mais aussi pour le premier crime à caractère raciste reconnu par l’État belge (7). Connu pour les affrontements récurrents avec des antifascistes, le FJ revient également plusieurs fois dans la presse, les enquêtes judiciaires autour des « Tueurs du brabant » ou la possibilité d’un stay-behind belge similaire au réseau italien Gladio (8). Visé par des procédures judiciaires concernant la violation de la législation sur les milices privées, le groupe prend les devants et s’auto-dissout en 1981 afin d’éviter des condamnations. En 1983, le Front de la Jeunesse se transforme : les anciens du groupe fondent une nouvelle force politique et optent pour une stratégie électoraliste : le Parti des Forces Nouvelles (PFN).

Le PFN se place dans la continuité de la Nouvelle Droite (9), du nazisme et du rexisme. Léon Degrelle, fondateur-dirigeant du parti REX, en est même le parrain politique (10). Il existe deux cellules actives, l’une à Bruxelles et l’autre à Liège.

Voulant surfer sur l’effet Le Pen (11), le PFN se rapproche du Front National français qui lui accorde son soutien dès 1985. La cellule bruxelloise est particulièrement négationniste, s’attaquant avec véhémence à toute mention au génocide nazi. Cette caractéristique provoquera la scission entre les cellules bruxelloise et liégeoise. La scission se crée sur la négation des crimes de guerre et contre l’humanité. La dérive antisémite du PFN, mais surtout le scandale autour d’un stand négationniste et antisémite lors de la foire du livre de Bruxelles de 1989 tenu par des dirigeants du PFN bruxellois, entraîne la rupture la même année. La section liégeoise changera de nom pour fonder le parti AGIR (« Avant-garde d’initiative régionaliste ») se circonscrivant à Liège ou proximité.
Aux communales de 1994, ils font plus de 6 % à Liège, à Herstal et à Dison ; aux européennes de la même année, plus de 7 % dans les cantons de Liège et Herstal. AGIR obtiendra plusieurs élus : huit conseillers communaux et deux conseillers provinciaux. Ils sont connus pour avoir infiltrés et radicalisés des bandes de motards (12) et des supporters de foot. Les heurts sont nombreux entre fascistes et antifascistes, et les bagarres entre les skins fachos et les punks sont monnaies courantes à Liège. Toujours en 1994, le Front Antifasciste Liégeois s’inquiète de la présence d’une libraire d’extrême-droite liée à AGIR. Le Front Antifasciste multiple les rassemblements, les courriers au voisinage, édite une brochure appelée « Celsius » à l’encontre de la libraire. Très rapidement, après plusieurs rassemblements, la librairie part mystérieusement en fumée suite à un incendie. Suite à tous ces événements, le parti s’autodéchire en automne.

Trois fractures apparaissaient. Trois tribus se disputaient les rênes du pouvoir. La première était menée par son idéologue, Willy Fréson, la deuxième par son président en titre, Robert Destordeur et enfin la troisième par le leader de la tendance pure et dure d’ AGIR, Hubert Defourny (13). Cette querelle interne profitera au Front National belge, seul véritable concurrent à AGIR, pour prendre la position de leadership de l’extrême-droite, s’attirant la bénédiction de Jean-Marie Le Pen tout en attirant les déçus ainsi que les cadres de feu-AGIR.

(1) Heather Pringle ( Jacques Martinache), Opération Ahnenerbe : comment Himmler mit la pseudo-science au service de la Solution finale, Paris, Presses de la Cité,  « Document », p.427
(2) Émile Lecerf, c’est un peu le François Duprat belge.
(3) Daniel Gilson: « In memoriam: Emile Lecerf », in « Forces nouvelles », n° 79, mars-avril 1990, page 2.
(4) Il y aurait beaucoup à dire sur l’histoire de la presse belge durant l’occupation.
(5) Processus d’indépendance du Congo entre 1960-1965, avec l’assassinat de Lumumba par l’État belge et américain, le coup d’État de Mobutu, etc.
(6) Organisation de l’armée secrète, organisation politico-militaire française d’extrême-droite violente et terroriste s’opposant à la décolonisation de l’Algérie. Organisant même un putsch (raté) en Algérie par l’armée sur place.
(7) Il existe un article de presse dans le Soir, présent dans les archives du journal, datant du 7 novembre 2005 écrit par René Haquin et intitulé « Années 1980. Nos années de plomb ».
(8) Gladio (« Glaive » en italien) désigne le réseau italien des stay-behind, une structure créée sous l’égide du ministre de l’intérieur, Mario Scella, dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d’invasion soviétique. De tels réseaux existèrent dans plusieurs pays européen et, après la connaissance du réseau Gladio en Italie, plusieurs pays demandèrent des commissions et enquêtes parlementaires à ce sujet, ce fut le cas en Belgique.
Le réseau stay-behind belge est connu sous le nom du SDRA8. Il existe deux services secrets en Belgique, un qui dépend de l’intérieur et le second de l’armée. Le SDRA8 est issu du service de l’armée. Le ministre belge des armées à cette époque, le socialiste Guy Coeme, déclara ne pas être au courant de l’existence d’un tel réseau. Si aujourd’hui son existence est bien avérée, ce réseau, bien que moins actif qu’en Italie, fut cité à plusieurs reprises dans les enquêtes concernant l’assassinat de Julien Lahaut (député parlementaire communiste belge) mais également lors de l’affaire des “Tueurs du Brabant”. Si des enquêtes indépendantes de journalistes parlent de liens entre le SDR8 et les affaires criminelles, les enquêtes policières, elles, ont abandonné ces thèses. Cette affaire fut à la base de la création du “Comité R” censée contrôler les services secrets belges.
Il est nécessaire de rappeler les liens récurrents entre les extrêmes-droites et l’armée, la police à cette époque. Citons par exemple, Defourny qui était le dirigeant de la branche dure de Agir, ancien gendarme (à l’époque la gendarmerie faisait partie de l’armée et non de la police) de la brigande anti-banditisme, trafiquant d’armes volées dans une caserne à Spa qui fut cité à plusieurs reprises dans les affaires ci-dessus.
En Italie, pays où ce stay-behind fut le plus actif, le réseau s’était constitué sur une base d’anticommunisme mélangeant service de sécurité nationale, personnes travaillant pour l’Otan ou la CIA, militaire, police et différents membres d’extrême-droite.
Cette période historique est particulière de part l’importance des attentats communistes ou d’extrêmes-droites. Le nombre de morts et les attentats les plus meurtriers furent ceux des extrêmes-droites puisqu’ils se construisirent dans le cadre d’une stratégie de la tension. (Stratégie cherchant à créer des chocs forts dans la population civile pour entraîner un durcissement de la politique ainsi que de pousser la population à choisir des régimes fort. Cette stratégie reposait sur des attentats pour d’une part accuser les communistes ou anarchistes de tels attentats et, d’autre part, amener ledit durcissement de la politique).
Plusieurs attentats furent associés au réseau Gladio dont le plus meurtrier de l’histoire de l’après-guerre, celui de l’attentat de Bologne. Si la police accusa dans une premier temps l’anarchiste Giuseppe Pinelli, ce qui entraîna son assassinat par sa défénestration alors qu’il était enfermé dans un commissariat, l’enquête conclut qu’il s’agissait d’un attentat lié aux extrêmes-droites. Dans le cadre de l’enquête, plusieurs noms sortirent allant de hauts membres des services de sécurités internes, des hauts gradés, des personnes travaillant pour l’Otan, etc. Si certain.e.s d’entre eux furent arrêté.e.s, voir emprisonné.e.s, la plupart furent ultérieurement relâché.e.s et les accusations se tournèrent dès lors vers les réseaux d’extrêmes-droites. Néanmoins, des liens restent avérés d’une collusion entre différents services et les extrêmes droites : plusieurs haut responsables des services internes furent condamnés pour rétention d’informations durant le cadre de l’enquête parlementaire. Celle-ci déboucha, à l’instar qu’en Belgique, à une réforme des services internes de l’état. Mentionnons seulement que des enquêtes indépendantes ont conclu des liens directs (et non seulement indirects) entre les différents réseaux agissant autour de Gladio.
(9) La Nouvelle Droite est un courant de pensée de tendance nationale-européenne née en 1969 avec la création du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE) de Alain de Benoist.
(10) M. Abramowicz, Extrême droite et antisémitisme en Belgique de 1945 à nos jours, éditions EVO, Bruxelles, 1993, p. 72-74
(11) Lors des élections européennes de 1984, le FN de Jean-Marie Le Pen est pour la première fois crédité à 17 %
(12) certaines rumeurs circulent sur un élu communal MR, toujours actuellement élu, qui aurait été membre d’un groupe de motards proche d’AGIR.
(13) Ancien gendarme de la brigande anti-banditisme, il fut conseiller communal et provincial pour AGIR. Il fut condamné pour la revente d’armes de guerre volées dans la caserne militaire de Spa, trafic d’armes à Paris et incitation à la haine raciale.

*Sources :*
http://www.resistances.be/r0201.html
– Les rats noirs – L’extrême droite en Belgique francophone, éditions Luc Pire, Bruxelles, 1996, page 181
http://resistances-infos.blogspot.com/2017/03/agir-le-deuxieme-parti-dextreme-droite.html
https://popups.uliege.be/1374-3864/index.php?id=248
http://www.territoires-memoire.be/am16/603-ref-lespoir-wallon-histoire-du-mouvement-1995-1998
http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/le-retour-de-la-vieille-extreme-droite-58c1a84dcd70a15c9a09f4b6
http://www.lesoir.be/archive/recup/%252Fle-front-antifasciste-de-liege-s-alarme-un-local-pour-l_t-19940317-Z07YLT.html

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