Dernières infos sur Pegida Liège

Qu’est-ce que Pegida ?

« PEGIDA » = Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes = Les Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident.
Ce mouvement fut lancé en octobre 2014 par Lutz Bachmann et prit rapidement de l’ampleur jusqu’à rassembler 25.000 personnes à Dresde en novembre 2015. Il se développa et se massifia en particulier en Allemagne de l’Est.
Si le mouvement est depuis sur le déclin, c’est suite à certains événements : des scandales autour des cadres du mouvement, en particulier Bachmann, pour sympathie au régime nazi ; de nombreuses violences commises à l’encontre de migrant.e.s, de militant.es antiracistes et antifascistes ou encore contre des élu.es considéré.es comme trop « pro-migrant.es » ; mais aussi les réactions des antifascistes en Allemagne (avec de nombreux contre-rassemblements), ou encore l’essor de l’AFD (1) qui s’est fait au détriment de Pegida.
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Pegida en Belgique ?

Certains groupes, ou individu.es, issu.es des extrêmes-droites d’autres pays ont vu la vague brune qui prenait de l’ampleur en Allemagne et se sont dit qu’il fallait exploiter le concept. Ce fut le cas en Belgique, où au moins trois Pegida virent le jour. Si l’import du concept de Pegida a eu comme effet de dynamiser des structures d’extrêmes droites déjà existantes, les succès ne furent pas au rendez-vous.

– Pegida Vlanderen : particulièrement actif du côté d’Anvers, est dirigé en sous-main par le Voorpost (2) et le Vlaams Belang. Pegida Liège, que nous développerons peu après, a participé à certains rassemblements et a pris la parole lors des rassemblements de Pegida Vlanderen.
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– Pegida Wallonie-Bruxelles : derrière cette page se cache Pierre Renversez (ancien cadre du FN belge et collaborateur à Riposte Laïque (3)) de l’asbl NonAli et PartiPlus. Ces deux structures s’occupent essentiellement de promouvoir la xénophobie et des propos anti-musulman.es.
Leur action s’est limitée essentiellement à une page facebook où les insultes, les incitations à la violence, aux meurtres sont légions. Ils se sont également fort mobilisés à l’encontre de la « Muslim exposition ». La page est à l’heure actuelle inactive.

– Pegida Liège : se concentre autour de la figure de Lionel Baland, souvent accompagné de son larron Edward (Joseph) Franz – pseudonyme – du Parti des Pensionnés. Ce dernier gère la campagne électorale de la coalition d’extrême-droite « On est chez nous » (4) pour les prochaines élections communales.
Lionel Baland tient une démarche plus formelle et consensuelle que les autres groupes Pegida, il cherche à organiser des rassemblements autorisés (systématiquement refusés), des interpellations citoyennes au niveau de la commune de Liège, des perturbations de conférences considérées comme trop « pro-migrant.es », contacte des journalistes mainstream, etc.
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Baland tente de relancer la marque Pegida après une longue absence

Pegida Liège n’avait plus recommencé des actions ou demandes publiques pendant pratiquement un an (Octobre 2016 à octobre 2017). Les claques reçues lors d’actions directes, la disproportion lors des rassemblements/contre-rassemblements entre fascistes et antifa, ont fait rapidement comprendre que de tels groupes sont systématiquement attaqués, empêchés et contrés. De manière générale, les initiatives antifascistes, spontanées ou organisées, sont une des raisons des échecs répétés des extrêmes-droites sur Liège. C’est ce qui nous fut encore démontré récemment lorsque notre rassemblement remplaça le leur.

Les élections communales approchant, l’essor d’initiatives liégeoises de soutiens aux sans-papiers, les échecs répétés des extrêmes-droites sont autant de raisons probables du retour de Pegida Liège. De ce retour, on peut citer :
Plusieurs demandes de la part de Baland à la ville de Liège pour l’accès à une parole publique lors des conseils communaux. Systématiquement rejetées pour « raisonnement à caractère discriminatoire et xénophobe qui contrevient aux principes fondamentaux consacrés en droit belge, européen et international », ces tentatives restent vaines et ne participent qu’à une stratégie de visibilité et de crier à la censure face aux refus.

Deux rassemblements publics, l’un ce 26 février à 18h15 à l’hôtel de ville et le second le 3 mars à 14h en face des locaux du projet TADAM.

Le 26 février :
Suite au refus d’une ixième interpellation, Pegida appelle à un rassemblement sous le slogan « RapeFugees not Welcome ». Rappelons ici que « to rape » signifie en anglais « violer ». Si une telle appellation est abjecte en soi, elle démontre l’utilisation à des fins idéologiques et racistes du corps des femmes par la propagande de Pegida et de l’extrême droite en général. Ce slogan entend ici faire écho aux événements qui eurent lieu lors du nouvel an 2016 à Cologne où de nombreuses femmes furent agressées et certaines violées. Les migrants et réfugiés firent alors de parfaits coupables. Ce slogan utilisé par Pegida est particulièrement trompeur et abjecte. Pourquoi ?

Tout d’abord les extrêmes-droites, dont les membres sont très généralement des masculinistes assumés, sont intrinsèquement misogynes et sexistes. Les valeurs chrétiennes, la « Femme » au foyer et les enfants sous le giron de la « Famille » et du « Père retrouvé » sont des discours classiques des extrêmes-droites. D’autres faits, comme les nombreux appels aux viols à l’encontre d’opposantes ou des « collaborationnistes » – entendez ici des femmes « pro-migrant.es »- sont monnaies courantes sur leurs pages.
On ne pourrait ici lister les nombreux liens entre les extrêmes-droites et discours/actes sexistes tellement les sources à ce sujet sont nombreuses. (On vous invite à lire le prochain lien qui porte également sur ce sujet).

Le second point, c’est la fausseté d’une telle information. Dans le cas de Cologne, les agresseurs n’étaient pour la grande majorité ni des réfugiés ni des migrants mais bien des personnes habitant l’Allemagne depuis de nombreuses années. De plus, 60% des agressions commises cette nuit-là étaient des vols et non des viols. De manière générale, les violences sexuelles faites aux femmes sont en premier lieu le fait de proches (conjoints, amis, collègues masculins, ex…). Il ne s’agit ici absolument pas de minimiser les violences subies mais il est indispensable de faire la part des choses : les violences sexistes sont des problèmes systémiques, ce sont des violences qui ne peuvent être circonscrites à aucune catégorie de personnes. Elles touchent malheureusement toutes les cultures et toutes les catégories sociales. Nous partageons, à guise d’information, cette analyse de Sandra Roubin sur la question des violences sexuelles et l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes

Le 3 mars :
Ce second rassemblement se déroulerait à 14h durant une vingtaine de minutes au coin de la rue de la Régence et de la Rue Florimont. Il vise le projet TADAM. Présenté comme une « salle de shoot à Liège » par Pegida, il s’agit d’un projet de réduction de risque et d’accompagnement des assuétudes lancé par l’université de Liège, la ville de Liège et d’autres acteurs du monde médical. De telles initiatives existent déjà ailleurs, comme en Suisse, et permettent une réduction de risque et un accompagnement face à la toxicomanie là où toutes les politiques de criminalisation entraînaient énormément de morts et des peines de prisons. Bien loin d’une vision criminalisante et meurtrière qui s’est révélée plus qu’inefficace, le projet TADAM permet à des toxicomanes de réduire les risques, d’utiliser de l’héroïne médicale (çàd éviter les produits impropres, issus des filières des drogues, …) de manière accompagnée et suivie.
Il existe de nombreuses sources sur le projet TADAM, dont la plupart scientifiques. Sur la question de la toxicomanie à Liège, on vous recommande ce documentaire radiophonique « ToxCity – histoire(s) : http://toxcity.be/ecouter-le-documentaire/rale(s) de l’héroïne à Liège » loin de toute vision simpliste et meurtrière de celle de Pegida.

En conclusion, on rappellera que Liège est antifasciste, cela fait partie de sa mémoire, de son histoire :
On peut citer le fait que de nombreux enfants d’anarchistes et de communistes espagnol.es trouvèrent refuges ici à Liège lors de la révolution anarchiste espagnole contre le franquisme. Ou encore, la multiplicité des organisations chiliennes présente à Liège suite à la dictature de Pinochet et qui ont construit des complicités avec les mouvements ouvriers et antifascistes.
On pourrait encore citer le développement de toute une scène punk qui se mobilisait contre les skins d’extrême droite ou encore la lutte contre AGIR dans les années 90 par, entre autres, le Front Antifaciste de Liège.
Encore aujourd’hui, les nombreuses luttes envers et avec les sans-papiers, les actions collectives et/ou spontanées d’antifascistes à l’encontre des partis, groupes et personnes fascistes.

Nous ne savons pas si des personnes ont prévu d’aller les “saluer” lors de ces deux dates, mais parions que le déclin de Pegida se rapproche d’un arrêt définitif dont personne ne s’apercevra. Et c’est tant mieux.

Pour tous nos articles sur Pegida, c’est ici

1 « Alternative für Deutschland » parti de nouvelle droite/extrême-droite qui, suite à un changement de présidence, se réfère à Pegida et base une bonne partie de son discours sur l’immigration. C’est un parti bourgeois, cadriste, anti-euro, nationaliste et conservateur. Pour faire une analogie, l’AFD serait la NVA tandis que le NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands) serait le Vlaams Belang.

2 « Avant-poste » en français, ce groupe issu du VMO (Vlaamse Militanten Orde) qui a été interdit en 1983, est un groupe nationalise flamand revendiquant la réunification de la Flandre, des Pays-Bas et de l’Afrique du Sud dans un grand état néerlandais appelé « Thiogne » qui devrait être chrétien et gouverné par la dynastie royale d’Orange.

3 Site Web d’extrême droite qui consacre la grande majeure partie de ses articles à des textes anti-islam, anti-musulman. C’est un site qui est proche du Bloc Identitaire. L’asbl NonAli et Parti Plus sont d’autres structures dirigées par le leader maximo Renversez qui se consacre uniquement à la xénophobie et à la haine anti-musulman.e.s

4 Coordination électorale des extrêmes droites couplant “Agir ensemble” – “Nation” – “le Parti des Pensionnés” – la NSA (Nieuw Solidaristisch Alternatief) – la NWA (Nouvelle Wallonie Alternative) »

 

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